Vers une politique culturelle du chantier, le plasticien comme acteur du projet urbain durable ?

Analyse critique et participative d'une expérience innovante à Ivry-sur-Seine: la Haute Qualité Artistique et Culturelle (HQAC)

 

 

UMR 7218 LAVUE (Laboratoire de recherche sur l'Architecture, la Ville, L'urbanisme et l'Environnement)

Responsable scientifique :

Stéphane Tonnelat UMR CNRS 7218 CRH-LAVUE

L'équipe :

Silvana Segapeli, laboratoire GERPHAU-LAVUE, UMR 7218 Axe esthétique et écoles de formation supérieures en art et architecture

Stefan Shankland, plasticien indépendant: Animation du TRANS305 et suivi au quotidien de l'évolution du projet

Gilles Montory, services d'urbanisme de la Mairie d'Ivry sur Seine, suivi opérationnel  de la ZAC et du projet TRANS305

 

 

Ce projet de recherche propose, à travers l'analyse critique et participative d'une expérience présentée comme exemplaire par les maitres d'ouvragemenée à Ivry-sur-Seine, d'explorer l'impact possible des plasticiens comme nouvel acteur transformatif du projet d'urbanisme opérationnel. La démarche HQAC proposée par Stefan Shankland dans deux ZAC de la ville vise à réintroduire la période de la friche et du chantier dans les temps actifs de la production urbaine en établissant des rencontres créatives entre deux continuités souvent ignorées, vers le passé du site d'une part et vers son devenir, de l'autre. Du côté du passé, en mettant en œuvre des installations et des lieux de création basée sur le recyclage et la récupération des matériaux de démolition et de chantier, la démarche HQAC tente de réinscrire symboliquement le présent du chantier dans une histoire portée par des restes élevés au rang de traces (Brocchini 2006), forme de témoignages, mais aussi d'héritages requalifiés. Les habitants, les étudiants des écoles d’architecture et des beaux arts (professionnels dans l’avenir proche) et notamment les enfants des écoles seraient ainsi amenés à porter un nouveau regard sur un espace et un temps autrement supposé comme relativement invisible et de peu de valeur (voir à ce sujet Hayden 1997). De même, les aménageurs, les entreprises, les concepteurs, les services techniques et les élus se sentiraient investis dans un processus pris dans une nouvelle visibilité publique (Brighenti 2007).Du côté du devenir, cette nouvelle publicité du chantier met en évidence les phases de travaux et leurs relations avec les images largement diffusées du projet final. Le suivi sur plusieurs années, parfois sur une dizaine d'années, permettrait ainsi à la démarche HQAC de construire chez les acteurs professionnels et civils du projet un nouvel imaginaire urbain intégrant dans le devenir du site à la fois son histoire matérielle et les expériences du chantier. Nous faisons ici l'hypothèse que les expériences sociales et esthétiques des ateliers de création et des expositions artistiques successives sont le medium qui permet au plasticien de faire passer la dimension patrimoniale exprimées dans les productions matérielles au statut de mémoire sociale et collective dès lors portée non plus par des artefacts mais par ce que nous appellerons un "public du chantier." Dans ce cas, la démarche artistique consisterait en un renversement des conceptions les plus courantes des mécanismes du développement durable. Au lieu de changer les mentalités pour inciter à une meilleure gestion des ressources par le recyclage et l'économie de matériaux, message écologique déjà diffusé par de nombreux médias, la démarche HQAC tâcherait d'utiliser les matériaux recyclés comme des moyens de transformer la façon dont les acteurs conçoivent la durabilité de l'aménagement urbain. C'est ce renversement de perspective que nous proposons d'analyser.

Mots clés : Chantier, plasticien, projet urbain, recyclage, mémoire

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